Vers des forêts résilientes au changement climatique – Suivi d’expérimentation

Mis à jour le 18 mars 2026

En 2021, le Parc a élaboré un projet expérimental sur une parcelle forestière privée, afin d’identifier des pratiques de gestion forestière favorisant la résilience des forêts face au changement climatique. Début mars, des techniciens forestiers du Centre National de la Propriété Forestière (CNPF) de Nouvelle-Aquitaine se sont rendus sur site pour mesurer l’évolution des plantations. Ils étaient accompagnés de la stagiaire forêt du Parc.

L’impact du changement climatique sur les forêts du Périgord-Limousin

Le Parc naturel régional Périgord-Limousin est recouvert à 41% de forêts, principalement de feuillus et notamment de châtaigniers, espèce emblématique du territoire. Ces forêts sont à 98% privées avec plus de 26 000 propriétaires et des massifs forestiers morcelés en de nombreuses parcelles. Elles représentent une richesse à la fois économique, écologique et sociale.

Aujourd’hui, ces forêts font face à un véritable défi, le Périgord-Limousin n’échappant pas aux bouleversements climatiques en cours ! Les forêts se retrouvent directement impactées et ont donc besoin d’accompagnement. En effet, le changement climatique fragilise d’ores et déjà durablement les arbres, en multipliant les causes de stress et favorisant la prolifération de pathogènes déjà présents. Cela se traduit par un vieillissement des peuplements ; un phénomène de dépérissement dans les châtaigneraies, aggravé par les maladies ; un stress hydrique accru, ainsi que l’amplification du risque incendie sur le territoire.

L’expérimentation « Résilience des forêts au changement climatique »

Le projet « Résilience des forêts au changement climatique », porté par le Parc, a commencé en 2021. Il cherche à identifier des solutions de gestion pour accompagner les massifs forestiers et les aider à affronter le changement climatique et à être plus résilients. Cela s’est traduit par la mise en place de parcelles expérimentales pour reconquérir des boisements dépérissants, constituant des « parcelles vitrines » destinées à tester des réponses opérationnelles d’adaptation des forêts.

Le site retenu se situe sur la commune de Mareuil-en-Périgord, en Dordogne, et est composé de 22 hectares d’anciens taillis de châtaigniers. Pour l’expérimentation, le terrain a été divisé en différentes parcelles dont 10 hectares faisant office de « zones témoins ». L’objectif de ces 10 hectares est d’avoir une trace de ce que serait devenu le peuplement sans intervention sylvicole. Les 12 autres hectares ont été organisés autour de différentes techniques sylvicoles de reconquête d’espace : plantations « en plein » en mélange de résineux et de feuillus, plantations « par placeau » et « par bande » etc. Une plaquette publiée par le Parc résume les différentes techniques sylvicoles testées sur cette parcelle.

Suivi de l’expérimentation

Si l’expérimentation a été initiée par le Parc, elle a ensuite été mise en place par le CNPF. Celui-ci est également en charge d’assurer le suivi des parcelles, permettant d’utiliser cette expérimentation comme exemple de pratiques sylvicoles alternatives, avec pour but d’en vulgariser les résultats auprès des propriétaires forestiers. La plantation des placettes a eu lieu durant l’hiver 2023-2024. Un an après, le CNPF a réalisé des mesures de reprise afin de vérifier le taux de survie des plants.

Début mars, le CNPF s’est rendu sur site pour mesurer la hauteur des arbres (mesures dendrométriques). Cette journée a rassemblé une dizaine de forestiers du CNPF Nouvelle Aquitaine ainsi que la stagiaire forêt du Parc. Des mesures ont été prises (du pied au plus haut bourgeon), le jeune âge des plants facilitant cette tâche effectuée à l’aide d’une perche de mesure. A ce stade, les plantations ont des hauteurs très variables sur les différentes parcelles, de 30 cm à 150 cm selon les arbres. Les plants étant encore très jeunes, il n’est pas possible d’affirmer à ce jour que leur taille résulte d’un état de santé particulier. Le CNPF se rendra à nouveau sur site pour mesurer la croissance des plantations en 2027 (soit 3 ans après la plantation), 2031 (7 ans après plantation) et 2034 (10 ans après plantation). Par la suite, les relevés auront lieu tous les trois ans et prévoient une mesure de circonférence des troncs et de hauteur des arbres.

Ces mesures sur site permettront à terme d’établir des statistiques afin d’analyser la pertinence des pratiques sylvicoles testées. Les résultats ne seront connus que dans une dizaine d’années, l’expérimentation forestière se déroulant sur un temps long.