L'expertise du Parc mobilisée au service des agriculteurs et des zones humides
Le Parc met actuellement son expertise au service de l’Agence de l’eau Adour-Garonne, pour le déploiement du dispositif de « Paiements pour Services Environnementaux » (PSE) – prairies humides. Cet outil d’aide financière au service des agriculteurs, permet de reconnaître les efforts des exploitants, lorsque leurs pratiques contribuent directement à la protection de l’environnement, au-delà de la réglementation et notamment par rapport à la protection de la ressource en eau.
Le Parc, territoire prioritaire pour les PSE
Depuis 2019, le dispositif des PSE a été testé sur plusieurs territoires du bassin Adour-Garonne, identifiés comme des secteurs prioritaires en matière d’enjeux liés à l’eau et la biodiversité.
En 2025, le dispositif a été reconduit sur plusieurs secteurs du Parc naturel régional Périgord-Limousin et notamment sur les bassins versants de la Haute-Dronne, de la Valouze, de l’Isle et de la Touvre-Bandiat-Tardoire. Les objectifs poursuivis par ces nouveaux PSE et par le « plan eau » portent plus spécifiquement sur la préservation des zones humides et sur celle de la ressource en eau dans les aires d’alimentation des captages. Le Parc est un acteur fortement impliqué dans l’animation et les diagnostics zones humides de ce dispositif.
Critères d’attribution des aides
Le dispositif des PSE prévoit la réalisation d’audits de la performance des exploitations agricoles. Lors de ces audits, trois indicateurs sont évalués et notés chacun sur 10 points : la rotation longue et couverture du sol (indicateur 1), l’extensivité des pratiques (indicateurs 2) et enfin, la présence et la gestion durable d’infrastructures agroécologiques dont les prairies humides et les haies (indicateur 3).
L’exploitation agricole bénéficie d’une rémunération dès lors que la note calculée est supérieure ou égale à 16. Le point est rémunéré à 5€ maximum/ha/an et plafonné à 60 hectares. Par ailleurs, l’agriculteur doit engager la totalité de la surface agricole utile (SAU) de son exploitation, en cohérence avec la recherche de l’efficacité de l’aide qui est raisonnée à l’échelle de l’exploitation.
La Parc mobilisé aux côtés de l’Agence de l’eau
Les PSE « Prairies humides » prévoient la réalisation d’une expertise de terrain dans l’année suivant l’audit. Cette expertise est destinée à confirmer le caractère humide des parcelles engagées et à vérifier leur conformité avec les critères d’éligibilité du dispositif. Sur les territoires PSE du Parc, cette mission a été confiée à la Cellule d’Assistance Technique Zones Humides – Etang (CATZHE) du Parc.
L’objectif est de contrôler la délimitation des zones humides, d’évaluer leur état de conservation (drainage éventuel, présence de fossé) et d’identifier des pratiques agricoles susceptibles d’affecter les services environnementaux rendus (abandon, surpâturage, piétinement de cours d’eau). Les observations reposent sur l’analyse des critères floristiques et/ou pédologiques*, complétées par une appréciation des usages et de la gestion des parcelles.
Travail d’expertises en cours
En 2025, deux vagues d’instructions de dossier par l’Agence de l’eau Adour Garonne ont permis de retenir plus de 60 exploitations sur le territoire du Parc. Certains dossiers sont encore en cours d’arbitrage. L’équipe de la CATZHE du Parc a débuté les premières expertises zones humides début mai 2026.
Ce travail consiste d’abord à récupérer le parcellaire graphique de l’exploitation à diagnostiquer. Ensuite, à regard d’experts, un premier travail de pré-cartographie permet de déceler quelles parcelles seraient susceptibles de détenir des zones humides. Par la suite, l’agent du Parc se rend sur le terrain, pour réaliser le diagnostic des zones humides (flore, habitats, état de conservation, facteurs de dégradation, gestion en cours). Une fois la phase de terrain terminé et la saisie des éléments informatiques, une rencontre avec l’exploitant est organisée, afin de remplir une fiche de visite initiale faisant état de l’ensemble des éléments diagnostiquées sur le terrain.
Ce travail d’expertise va se poursuivre jusqu’en novembre 2026 et mobiliser les agents du Parc spécialistes des zones humides. Par la suite, des visites de suivi sont prévus dans les exploitations engagées dans le dispositif PSE.
* La pédologie est la science qui étudie les couches superficielles du sol
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