A Bussière-Galant, des fouilles archéologiques ouvertes au public
Le 20 juin dernier, habitants et touristes ont eu la chance d’accéder au chantier de fouille du Pinsaud à Bussière-Galant, à l’occasion d’une journée portes ouvertes organisée par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), en partenariat avec le Parc naturel régional. L’évènement a permis au public de visiter le chantier en compagnie des archéologues, de découvrir les derniers résultats des fouilles et de se familiariser avec la lointaine histoire du Périgord-Limousin.
Des fouilles annuelles mais toujours singulières
Le site archéologique du Pinsaud, à Bussière-Galant, est composé de vestiges discrets datant des derniers chasseurs-cueilleurs et de menhirs plus imposants associés aux premiers agriculteurs-éleveurs.
Lors des portes ouvertes, le public a pu découvrir les différentes étapes des campagnes de fouilles grâce aux explications de la cheffe des fouilles, Rosalie Jallot. Si le site du menhir a été découvert, au cœur d’une forêt, dans les années 1990, les premiers sondages n’ont eu lieu qu’en 2016 et la première fouille en 2021. Depuis, les campagnes de fouilles ou de sondage géomorphologique se sont succédées, les différents niveaux de sols sont maintenant bien connus. Cette année, les fouilles concernent la « fosse de calage ».
La méthodologie de fouille des monolithes* couchés étant très récente (2019), il a fallu mobiliser plusieurs méthodologies de datation sur le site. Chaque campagne de fouille a donc été unique et a permis de mieux cerner l’histoire des lieux. Les visiteurs ont pu avoir accès à un bac de fouilles pour bien comprendre les procédés mobilisés par les archéologues, en plus de voir l’entièreté du site sous les yeux et les fouilleurs en action.
Le Parc, partenaire de ces recherches archéologiques
Le Parc soutient ce travail scientifique depuis les premières campagnes de fouilles. En effet, le site est inédit dans le contexte archéologique régional. Si des monuments mégalithiques existent encore dans les secteurs, ils sont néanmoins situés à plusieurs kilomètres (Les Cars, Châlus, Flavignac, Dournazac), voire dizaines de kilomètres (Saint-Saud-Lacoussière, Oradour-sur-Vayres, Saint-Basile, Saint-Laurent-sur-Gorre ou Saint-Barthélemy-de-Bussière) du site du Pinsaud.
Le caractère exceptionnel de ce site archéologique a conduit le Parc à nouer un partenariat avec l’Inrap dans le cadre de sa mission de valorisation du patrimoine local. À travers cette collaboration, le Parc a contribué au suivi scientifique des fouilles tout au long de la campagne. Il a également coorganisé la journée portes ouvertes du 20 juin et participera au financement de la dernière opération archéologique, prévue en août prochain.
Point historique et scientifique
Au cours des portes ouvertes, Rosalie Jallot a présenté une frise pédagogique permettant aux visiteurs d’associer les différentes découvertes au temps long de l’Histoire : Le site découvert en 1990 ne révélait alors que deux blocs mégalithiques couchés en granite. En 2016, deux sondages ont révélé l’amorce d’une fosse de calage. La reprise des fouilles en 2021 a mis en évidence une fosse double. En 2022, la chronologie relative entre les deux fosses s’est confirmé : la fosse du monolithe 2 vient recouper celle du menhir 1. Elles sont flanquées, à l’ouest comme à l’est, de deux trous de poteaux massifs. Une structure linéaire, encore difficile à interpréter, est bordée au nord-ouest de plusieurs trous de poteau massifs.
La campagne 2023 a précisé la dynamique d’occupations des lieux. Des prélèvements pour des datations par luminescence sont réalisés depuis 2021 et confirment une occupation dès le Mésolithique final, au Néolithique ancien, au Néolithique récent puis final. À l’âge du Bronze moyen une nouvelle occupation se perçoit par la destruction de structures. En 2025, une étude géologique a précisé les affleurements des deux granites présents sur le site.
En août, se déroulera la dernière opération archéologique consistant à retourner le menhir, avant de remettre le lieu en l’état. Cette ultime étape permettra d’observer la face cachée de mégalithe, afin notamment de voir s’il présente des impacts de coups d’éclats. Il s’agit d’essayer de comprendre s’il a été levé à une époque et si oui, pourquoi il est tombé.
* Un monolithe est un bloc de pierre de grande dimension, constitué d’un seul élément, naturel ou taillé.