« Dessine-moi ta cour de demain » – Le plan des architectes répond aux demandes des élèves

Mis à jour le 23 avril 2026

Dans la continuité du travail mené avec le Parc naturel régional pour imaginer l’avenir de leur cour d’école, les éco-délégués de la cité scolaire Jean-Baptiste Darnet de Saint-Yrieix-la-Perche ont découvert le nouveau plan du cabinet d’architecte en charge du projet.

Une phase de concertation originale

À l’initiative de l’enseignante en charge des éco-délégués, ce projet visait à interroger les élèves sur leurs besoins et leurs attentes vis-à-vis de la cour, tout en intégrant les enjeux environnementaux et climatiques actuels. En 2025, les élèves ont ainsi bénéficié de l’accompagnement des agents du Parc, spécialisés dans l’éducation au territoire et l’adaptation au changement climatique, et du Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE) de la Haute-Vienne.

Au cours de cette phase de concertation, une enquête a été menée par les éco-délégués auprès des différents usagers de la cour. Les élèves ont ensuite imaginé des propositions d’aménagement pour concevoir une cour plus agréable à vivre, plus fraîche l’été, plus végétalisée, et plus favorable à la biodiversité. Ils ont présenté leur travail à l’Agence Schurdi Levraud Architecture en charge du projet et à la Région Nouvelle-Aquitaine propriétaire des locaux (lien article juillet 2025).

Le 22 avril 2026, la Région Nouvelle-Aquitaine et le cabinet d’architectes sont revenus à la cité scolaire pour présenter le nouveau plan de la cour ainsi que les travaux de rénovation prévus sur certains bâtiments. Un temps d’échange a eu lieu en présence des éco-délégués, du proviseur M. Mathelin et de certains membres du personnel.

Une future cour en phase avec les besoins des élèves

Au cours de cette rencontre, les architectes ont adopté une approche pédagogique, reprenant les besoins exprimés par les élèves et précisant s’ils ont pu y répondre et comment. Ainsi la future cour prévoit 48% de surfaces perméables, au lieu de 11% actuellement. Cela comprend la suppression de goudron sur une partie de la cour, l’engazonnement, la plantation d’arbres en pleine terre, et le paillage en copeaux d’une partie de la cour collège pour limiter la boue les jours de pluie.

Un deuxième préau sera créé pour le collège, en complément de celui qui existe pour le lycée. Dans une logique de réemploi, des bancs et tables seront conservés et du nouveau mobilier sera ajouté en châtaignier local.

Les élèves avaient également demandé à pouvoir faire cour dehors. Afin de trouver un équilibre entre les envies et le budget disponible, les architectes ont imaginé un système de plusieurs marches larges au centre de la cour qui permet de s’assoir pendant les pauses et de travailler dehors.

Une belle surprise de ce nouveau plan est l’intégration d’éléments patrimoniaux, en clin d’œil à Jean-Baptiste Darnet qui a découvert le kaolin. Plutôt que d’intégrer de la mosaïque sur des éléments de la cour, les architectes ont travaillé à une technique novatrice : intégrer des déchets de porcelaine dans le nouvel enrobé de la cour. Une proposition qui mêle réemploi et mémoire collective et qui répond au souhait des élèves d’avoir une cour unique mettant en valeur le patrimoine local.

Les architectes ont également expliqué ce qui n’a pas pu être pris en compte à ce jour, notamment la demande de création de fontaines à eau.

En plus de la cour, des travaux sont également prévus sur certains bâtiments afin d’améliorer le confort des élèves et des enseignants. Une isolation extérieure de la façade et la pose de brises soleil en châtaignier issus de Haute-Vienne sont prévues pour limiter les surchauffes estivales, ainsi que la création d’un nouveau CDI.

Encore plusieurs phases de validation avant les travaux

A ce stade, le projet est un « avant-projet-détaillé ». C’est-à-dire que les grandes lignes sont fixées mais qu’il reste encore du travail et des validations avant d’arriver à un projet finalisé. C’est pourquoi le détail des essences à planter n’est pas encore connu, ni le visuel du nouveau mobilier par exemple.

Il faudra donc faire preuve de patience avant de découvrir la nouvelle cour. Les travaux auront lieu pendant des vacances scolaires, en 2027 ou 2028. Les élèves ne participeront pas aux travaux mais seront peut-être conviés pour des visites de chantier.

D’ici là, les architectes ont souligné que « C’est rare d’intégrer les élèves dans un projet et cela a permis de réajuster nos propositions tout en tenant compte du budget des demandes de la Région. C’est rassurant pour nous architectes de savoir qu’on répond à des besoins. Nous allons tous dans la même direction. »

Maxence, élève de 1ère, a particulièrement apprécié le temps passé par les architectes pour présenter le projet et indique « j’espère bien que cette nouvelle cour fera connaître l’établissement et incitera à impliquer les élèves, car je n’en connais pas d’autres ! ».

Finalement, ce projet met en avant une direction commune partagée par les élèves, les architectes et la Région : faire évoluer la cour en un espace plus agréable à vivre et plus favorable à la biodiversité.