Quand collégiens et étudiants en architecture travaillent main dans la main

Mis à jour le 18 février 2026

Dans le cadre de l’atelier «Hors les Murs» mené actuellement à Jumilhac-le-Grand, les étudiants de l’École nationale d’architecture de Clermont-Ferrand sont revenus passer une semaine sur la commune afin de réaliser, in situ, du mobilier urbain. Le vendredi a été dédié à un travail commun entre les étudiants et les collégiens de Châlus.

Repenser le cadre de vie

Depuis 2016, le Parc naturel régional Périgord-Limousin organise des ateliers «Hors les Murs» avec de nombreuses universités de l’Hexagone. Ces ateliers permettent d’accueillir sur le territoire des équipes d’étudiants de différentes disciplines afin d’élaborer, avec les collectivités, des projets liés à la revitalisation des communes rurales. Les municipalités bénéficient ainsi d’un regard neuf sur leurs projets de réhabilitation, tandis que les jeunes se forment à travers des projets concrets, sur des terrains d’expérimentation accueillants.

Lancé à l’automne 2025, l’atelier « Hors les Murs » de Jumilhac-le-Grand vise à accompagner la commune dans sa réflexion sur le cadre de vie des habitants. Jusqu’à l’été 2026, il mobilise des étudiants de l’Université Bordeaux Montaigne (master Ingénierie de projets culturels et interculturels) et de l’École nationale d’architecture de Clermont-Ferrand.

Le projet invite à se projeter sur les vingt prochaines années en intégrant les enjeux des transitions écologiques et sociétales. La commande porte sur les connexions entre le bourg-centre, les extensions de la Perdicie et le gymnase, les usages du centre-bourg, les liens avec les bords de l’Isle, ainsi que l’aménagement des espaces publics.

Une première visite, fin 2025, a permis aux étudiants de mener un diagnostic des lieux et des attentes. À cette occasion, ils ont réalisé des micro-trottoirs pour partir à la rencontre des habitants.

Investir l’espace public

Fin janvier, les sept étudiants de l’École nationale d’architecture sont revenus 5 jours à Jumilhac, avec pour mission de concevoir des aménagements dans l’espace public, qui illustrent leur vision de la commune. Ils étaient pour cela encadrés par une enseignante et un charpentier.

Les contraintes de réalisation étaient les suivantes : utilisation de matériaux locaux de récupération ou achetés en circuit court ; intégration des ressentis issus du diagnostic ; adhésion des agents communaux ; participation des collégiens de Châlus ; inauguration des réalisations avec la population. Le « construire ensemble » constituait le socle de l’expérience. Ancrer le projet dans le territoire était la priorité.

Pour concevoir leur mobilier urbain, les étudiants disposaient de piquets et de copeaux de bois de châtaignier provenant de La Châtaigneraie de Rilhac-Lastours ; de branches de noisetier et de genêt récupérées chez des habitants ; ainsi que de bambous coupés le jour même. La salle des fêtes et les salles mitoyennes à la mairie ont également été mises à leur disposition. Deux sites ont été retenus : l’allée enherbée descendant vers le château et une parcelle communale, plus à l’écart, utilisée chaque année comme parking lors de la brocante estivale.

Sur l’allée, les étudiants ont choisi de modifier les points de vue en décalant légèrement le regard, afin d’amoindrir la place symbolique et visuelle du château. Pour cela, des installations jouant avec la pente ont été réalisées à partir de piquets de châtaignier, de ficelles et de tressages de genêt et de copeaux de bois. Ces aménagements permettent de dévier le regard en deux temps, avec un effet de rebond sur les arbres remarquables. Le visiteur peut ainsi, selon le point de vue, oublier un instant le château ou, au contraire, le redécouvrir avec une présence renforcée.

Sur la parcelle, le travail a consisté à construire un banc intégré dans un agencement jouant avec les lignes de fuite proposées par les toitures des maisons et la focale sur le château. Réalisé selon un principe de tenons et mortaises, il est démontable et reproductible. Son assise, confortable, invite à profiter des couchers de soleil hivernaux face au château.

Associer étudiants et collégiens

Le vendredi 30 janvier, les collégiens de la classe à horaires aménagés Arts graphiques du collège Pierre Desproges de Châlus sont venus rejoindre les étudiants pour travailler sur site. Une partie d’entre eux était déjà venue en novembre afin de déambuler dans la commune, réaliser des croquis et créer des maquettes pop-up. L’ensemble du groupe avait également conçu des posters en classe, reprenant le travail mené avec les étudiants autour de l’arpentage, du collectage de la parole et des propositions d’aménagement. Ces posters ont été affichés dans l’espace partagé.

En fin de matinée, répartis sur les deux sites, les collégiens ont, d’une part, participé au tressage des végétaux et des copeaux de bois et, d’autre part, réalisé une installation à partir des bambous présents sur place. Les étudiants sont devenus les tuteurs des élèves ; la journée s’est révélée riche en échanges et empreinte d’une forte dimension humaine.

L’avenir de ces installations dépendra de l’entretien assuré par la commune. Conçues comme temporaires et évolutives, elles ont vocation à se transformer au fil du temps, selon l’appropriation qu’en feront les habitants.